INHUMAN

13 mars 2013

Lumière sur le pneumothorax spontané.

pneumothorax1

J'ai beaucoup hésité à vous parler de ce pneumothorax ici mais finalement pour moi, c'est important. Si vous ne le savez pas, c'est la raison pour laquelle je n'étais plus présente sur le blog ces dernières semaines malgré les articles rédigés à l'avance. Et il y en avait beaucoup, de ces articles :).

J'ai donc fait un pneumothorax spontané et pour moi, désormais, ça me semble presque évident que j'allais en faire un avec ma silhouette. Mais sur le coup, je ne savais pas ce que c'était. Voilà pourquoi j'estime important d'en parler pour qu'il ne reste pas dans l'ombre, que les gens ne soient pas paumés comme je l'ai été si malheureusement cette saleté leur arrive.

Qu'est ce que le pneumothorax spontané ?

Le pneumothorax est le nom méchant pas beau du décollement de la plèvre. Et le décollement de la plèvre, c'est simplement quand les deux feuillets de la plèvre, qui permettent de tenir le poumon bien fixé au thorax lors de l'expiration de l'air, n'adhèrent plus. Le poumon se décolle petit à petit comme une crêpe et se replie sur lui-même. La différence entre un pneumothorax et un pneumothorax spontané, c'est que le spontané ramène sa fraise sans aucune raison. Il m'est arrivé alors que je marchais paisiblement, c'est passionnant.

Qui est concerné ?

Le pneumothorax spontané touche en majorité les gens d'une vingtaine d'années, grands et longilignes. Et plutôt les hommes que les femmes. Autant vous dire que je suis en plein dedans avec ma silhouette d'asperge. Vraiment, vraiment pas de chance.

pneumothorax2source de l'image : Le figaro

Quels sont les signes ?

- coup de poignard dans la poitrine lors du déclenchement du décollement

- difficultés respiratoires

- bruits parasites dans le thorax ("flop" ou "schlop", en gros :3)

- douleurs persistantes accentuées par la toux, les éternuements, mouvements

- douleurs intercostales à répétition (j'en ai fait toute mon adolescence à cause de bulles d'air)

Que faire ?

Si j'avais su tout ça ? J'aurais été immédiatement faire une radio aux urgences. Mais non, j'ai consulté un médecin qui a tenté de me rassurer en me parlant de douleur intercostale avant tout. J'ai donc pris mon mal en patience les premiers jours. J'ai vécu genre... normalement ? J'ai même tenté des mouvements sportifs au cas ou c'était des douleurs musculaires, sait-on jamais ?

Puis, à 2 jours de ma radio, je commençais à réellement angoisser de ces "flop flop" dans mon thorax et ces difficultés à respirer. Je ne m'étais jamais sentie aussi mal avec des douleurs intercostales, quand même. À la radio, on m'a donc annoncé la chose. J'étais aux anges de savoir que ça pouvait se remettre tout seul avec du repos seulement ! Mais bon, je me trompais.

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Oui, ça peut arriver même en dormant.

Comment soigner un pneumothorax ?

Alors oui, si on a de la chance, un pneumothorax peut se soigner avec quelques jours de repos, alité.

Mais ayant aggravé mon cas dans l'ignorance la plus totale de ma pathologie, j'ai dû subir les soins les plus intensifs pour réparer ce poumon crêpe fifou ! J'ai donc tout subi ou presque.

1 - Repos : non concluant

2 - Drainage thoracique : pose d'un tuyau dans le thorax en aspiration, pour évacuer l'air entre les deux plèvres. Non-concluant, récidive le lendemain matin de l'ablation du drain.

3 - Opération chirurgicale : Il en existe plusieurs, avec ou sans aide caméra. Pour ma part, on m'a assurée que j'ai eu le droit à la meilleure de toutes, au taux de récidive inférieur à 1% et dans le meilleur hôpital qui soit. J'ai donc subi une une ablation des bulles et blebs de mon poumon, susceptibles de créer à nouveau de l'air à la surface de celui-ci, puis une abrasion mécanique de la plèvre sans aide caméra (il s'agit d'irriter les deux feuillets de la plèvre avec une sorte d'éponge pour la faire saigner). Après l'opération, deux drains thoraciques sont posés afin d'évacuer l'air, le sang et éviter les infections.

Les suites

C'est lourd, je ne le cache pas. Mais à l'heure actuelle, à environ 2 semaines de ma sortie d'hôpital, je vis simplement au ralenti et le tout sans anti-douleurs s'il vous plaît. Moi qui ai horreur des médicaments, qui ai été droguée comme pas possible dans ces établissements, j'ai eu peur de la douleur insurmontable qui allait m'accompagner à la suite de cette opération mais il n'en est rien ! Je suis plutôt contente de pouvoir retrouver doucement un rythme de vie normal même si j'ai hâte de vraiment reprendre mes activités à 200 à l'heure comme avant !

cica2Vous ne me manquerez pas, drains.

En conclusion

Faites vraiment attention à vous. Surtout si vous êtes de cette même silhouette, grande, mince et longiligne. Évitez les sports trop extrêmes, la cigarette, la DROGUE.

Après cette aventure, un réel monde parallèle et enfoui s'est ouvert à moi. Celui des "ah ben ouais, moi aussi j'ai fait un pneumothorax spontané, c'est normal !" NORMAL, AH OUAIS. Même mon chirurgien figurez-vous. Un jeune d'à peine 35 ans, grand et mince, m'a annoncé avant de me charcuter "TÉKATÉ moi aussi j'en ai fait un et regarde-moi aujourd'hui, c'est rien du tout, lol !" Des collègues, des amis, de la famille sont revenus vers moi en m'annonçant avoir vécu le même traumatisme.

C'est juste fou. Moi qui ne connaissais rien de cette pathologie dans sa version spontanée, voilà que des dizaines de personnes m'annoncent qu'elles l'ont vécu, en éternuant, en courant, en riant... J'estime alors qu'on en parle vraiment pas assez, c'est dingue et presque dangereux. J'aurais réellement pu aggraver mon cas 10 fois plus que ça si je ne sentais pas qu'il se passait un truc plus louche qu'une douleur intercostale. Alors j'espère que maintenant, vous saurez ! Je sauve peut-être des vies là et tout.

@+ l'Internet ! <3